Les idées provocatrices sont légitimes.
Au moins pour s'assurer que ce n'est pas par habitude mentale que l'on exclut certaines possibilités.
    Thibault Damour (Institut des hautes études scientifiques).












L'impasse.


































    Désolé ! J'aurais aimé commencer dès maintenant la passionnante analyse des rêves... Il y a tellement de choses à découvrir avant de les aborder!

    Les rêves sont comme le renard du petit prince. Il faut comprendre le renard, l'approcher tout doucement...
Il n'est pas un sujet d'étude, c'est une boule vivante, toute rousse et chaude... La moindre erreur ... et tout est à recommencer. Peut-être même perdu à jamais !

    En quoi pourrait consister cette erreur ?
Le renard ne connaît que ce qu'il ressent... Et si l'homme en face de lui pense, alors que lui-même ressent, ils ne pourront jamais se comprendre.
On a beaucoup à apprendre, et tout d'abord comment l'homme a perdu la conscience...
    Nous avons vu que le rêve est là pour nous apprendre à corriger nos erreurs. Mais il faut d'abord comprendre ces erreurs...
        ...et pour cela en prendre conscience.

    Ainsi, avant de nous attacher à comprendre les rêves, il va nous falloir saisir comment l'être humain a compris le monde qui l'entoure et comment il a décrit sa façon de le percevoir...
    Cette perception a sans cesse évolué en fonction de l'évolution de ses connaissances : la bombe thermonucléaire qui éclaire nos jour et réchauffe nos corps n'était-elle pas, il n'y a pas si longtemps que ça, un dieu pour les Incas ou les Égyptiens ?


Porte du soleil-site de Tiahuanaco-Chili-Bolivie
    Le soleil est un dieu.
 

 
    Le soleil est une bombe thermonucléaire.
 

    Puis, nous essaierons de saisir sa compréhension du rêve, et la façon dont il l'a décrit, explicité et utilisé au fil de son évolution .
Mais cela fait combien de dizaines de milliers d'années que l'homme cherche ? Aujourd'hui encore, nous sommes bien obligés de reconnaître que nous ne savons toujours pas grand-chose de ce mystère...
    Si l'on n'atteint pas le but, c'est peut-être que l'on n'a pas pris la bonne route (il y a tellement de chemins dans le monde de la vie !), ou pas pris le bon véhicule : la Ferrari de la science n'est parfois pas adaptée au monde « tout-terrain » de la nature.
Peut-être y a-t-il eu des lacunes ou même des erreurs dans les tentatives d'interprétation?
Il est impossible d'avancer tant que l'on n'a pas trouvé l'erreur!...
Les guerres et massacres d'aujourd'hui relèvent des mêmes mécanismes que les génocides de l'Antiquité... L'être humain serait-il incapable de corriger ses erreurs ?
Un animal, lui, semble pourtant en être capable !...
    Regardez le renard du petit prince ! Un geste brusque, pire ! Une pierre lancée sur lui, et vous ne le reverrez pas de sitôt ! Il a tout de suite compris que vous n'étiez pas fréquentable.

 
    Notre mémoire à nous, humains, nous sert bien souvent à nous plaindre de nos malheurs.

    Un animal, lui, l'utilise pour se souvenir et éviter désormais le danger... Il ne fait jamais deux fois la même erreur ! Ou, en tout cas, pas souvent !
 

    S'il est donc impossible d'avancer tant que l'on n'a pas compris les erreurs, nous pouvons peut-être espérer avancer en les étudiant en détail...

    C'est ce que nous allons tenter de faire aujourd'hui !
- comprendre comment l'homme a saisi le sens de ses rêves, et comment sa compréhension a évolué.
- donc comprendre comment son mode de pensée à évolué dans le temps,
- déterminer les lacunes qui ont pu subsister dans sa réflexion, et voir comment les combler,
- et enfin comprendre les erreurs pour tenter de les corriger.
    Le monde du rêve est fait de milliers de pièces dont il va falloir déterminer l'agencement, exactement comme on le fait avec un puzzle.
Et c'est un peu cela que nous allons faire... Tenter de reconstituer le puzzle en voyant :
    - quelles pièces ne lui appartiennent pas,
    - lesquelles ne sont pas à la bonne place,
    - lesquelles sont manquantes, et, à ce moment-là, peut-être découvrirons-nous que ces pièces manquantes pour une civilisation ne l'étaient pas pour une autre.

    Chaque civilisation a eu sa propre construction. Aucune ne semble avoir parfaitement réussi.
Mais ce qui a manqué à certaines pourrait peut-être avoir été trouvé par d'autres.
Peut-être l'histoire en a-t-elle gardé les traces.
Peut-être nos ancêtres de la Préhistoire possédaient-il des morceaux de la clé?
Peut-être les animaux possèdent-ils la clé ! ?

    Mais avant de chercher à reconstruire le puzzle, voyons comment trois personnes agissant indépendamment ont pu en assembler les pièces, puzzle suffisamment complexe pour que personne n'ait pu en venir à bout,.
Admettons maintenant qu'une quatrième se dise : «Voyons ce qu'ils ont tous construit, chacun de son côté ! Ne pourrait-on pas tout simplement ré-agencer leur travail?»

 
    Cette quatrième personne va alors s'apercevoir que la première a construit la terre avec toutes ses industries, mais elle a été incapable de reconstituer la nature, trop complexe, trop colorée, avec trop de formes différentes; et bien incapable également de reconstruire le ciel, trop bleu, trop uniforme.

    La deuxième a bien saisi les détails de la nature, mais le ciel, quel enfer ! Et toutes ces formes géométriques de l'industrie, comment les discerner ?
 

 
    La troisième, elle, devait faire parti du monde des anges, car elle a terminé son ciel... Mais elle a oublié de reposer les pieds sur terre.

    On pourrait imaginer, en partant de ce que pouvaient être les sociétés aux débuts de l'ère industrielle, que le blanc a les pieds bien posés sur terre, il a été capable de comprendre la physique du monde, l'exploiter, il est même capable d'imaginer d'autres univers à l'infini vers lequel pointent ses télescopes... Mais... Où est la nature dans son puzzle ? Et où est la spiritualité ?
Le noir, lui, est parfaitement intégré à la nature, il vit de celle-ci, au jour le jour : si personne n'était venu la surexploiter à sa place, il chanterait et danserait toujours dans sa forêt tropicale.
Quant au jaune, ce pourrait être lui qui a parfaitement reconstitué le ciel du puzzle : il connaît la spiritualité, la sagesse... Mais n'aurait-il pas oublié de reposer les pieds sur terre ?
    Il faudrait donc peut-être une quatrième personnage sur la terre : un homme qui ne soit ni blanc, ni noir, ni jaune, mais qui réunisse tous les potentiels de chacun.
Et puisque les hommes sur la terre sont tous les mêmes, différenciés seulement par plus ou moins de mélanine dans le tissu cutané, peut-être la solution nous viendra-t-elle d'un petit homme vert?



    Allez ! assez plaisanté ! Et à tout de suite pour découvrir le rêve au cours des âges ! Et pour tenter de comprendre comment la conscience a avorté à un moment de notre évolution!

L'impasse : (suite)