« Une question parfois me laisse perplexe : est-ce moi ou les autres qui sont fous ? ».
Albert Einstein.




Note de l'auteur :

    Je suis désolé si j’ai pu heurter la sensibilité de certains de mes lecteurs, ce n’était pas là le but de cette étude.
Lorsque ce travail sur la conscience a débuté, il s’agissait seulement de recenser les connaissances actuelles dans ce domaine.

    Pour cela, trois à six mois devaient me suffire avant de passer à un autre chapitre. Ce travail aura finalement duré plus de cinq ans pour aboutir à des conclusions que je n’avais pas imaginées.
J’aurais toutefois pu m’en douter, étant donné que la pensée qui œuvre à l’ombre de ma conscience m’avait fait découvrir tout à fait fortuitement, dès l’ébauche de la première page [cf : Approche de la conscience], la citation de David Chalmers : « Comment quelque chose d’aussi immatériel que la conscience a-t-il pu émerger de quelque chose d’aussi inconscient que la matière ?

    À cette époque, je n’imaginais pas que cette pensée ignorée avait, à mon insu, posé la première pierre de cet édifice.
Ais-je été influencé par cette phrase ? C’est fort possible. Il aura cependant fallu près de quatre ans avant que je n’entrevoie que cette étude me ramenait à cette citation.

    Après avoir abordé le travail du cerveau et ses adaptations au fil des circonstances et des nécessités, le virage s’est amorcé lorsque je me suis penché sur le fonctionnement particulier des gènes identique à celui des cellules, lui-même identique à celui des êtres vivants organisés, l’ensemble reproduisant les mécanismes de transformation de l’univers.
    La recherche étudie deux niveaux de la matière : celui de la matière « ordinaire » régie par la physique classique, et celui des particules régies par la physique quantique. De même, devais-je considérer à la fois le fonctionnement du cerveau en tant qu’organe, et celui de chacun de ses neurones, capable de se déplacer et d’établir ou supprimer des connexions en fonction des besoins ?

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    Mais que sont les neurones sans leurs gènes ? Et comment est-on passé de la matière non organique issue des transformations d’un univers dénué d’intelligence, à la matière organique, si intelligente ?

    Au stade du virus, sa capacité d’adaptation et sa prise de contrôle des cellules ne peut être appelé conscience. Il s’agit là d’interactions entre molécules. Toutefois, il est difficile de ne pas se laisser aller à penser qu’une forme d’intelligence est en train de se faire jour.
En effet, le virus n’est jamais qu’une longue chaîne moléculaire constitutive d’un ADN ou d’un ARN dont nous avons vu les extraordinaires capacités : se créer un habitat simple [cf : La cellule, prolongement, protection et outil de l’ADN], jusqu’à la construction de l’extraordinaire machine humaine. On peut alors se poser la question de ce que sont vraiment l’intelligence et la conscience.

    On considère généralement que la vie est apparue avec les premières cellules. C’est oublier que certains virus, comme celui de la mosaïque du tabac, sont à cheval sur deux mondes : celui du vivant, ou celui de la matière, sous sa forme cristalline.
Les virus sont d’autre part capables d’intervenir sur l’ADN de cellules ou d’autres virus pour en exploiter des caractéristiques différentes, ils peuvent même apprendre à se défendre contre d’autres virus prédateurs. Doit-on en déduire que la matière qui constitue l’ADN est vivante, ou au contraire que ses propriétés sont seulement celles de la matière ?

    Et que penser du fait que, sous sa forme « vivante », l’ADN se montre capable de varier à l’infini les formes et les adaptations des espèces, et que sous sa forme « matière », il est capable de survivre des centaines de milliers d’années : le plus vieil ADN fossile est vieux de 700 000 ans.

    Alors, où se trouve la conscience en nous ? Dans notre cerveau intelligent, dans ces milliers de cellules qui animent notre corps, ou dans l’ ADN dont la mémoire et les comportements défient notre entendement ? Faut-il chercher plus loin encore ?

    Après le recensement des connaissances, la deuxième raison qui rendait ce travail sur la conscience si nécessaire était de comprendre sa place et ses rapports avec l’inconscient dont les rêves sont le langage nocturne.
Pourquoi notre « conscience » est-elle incapable de comprendre le sens des rêves ? Le conscient et l’inconscient recouvrent-ils des espaces distincts, aux fonctions non miscibles ?
Apparemment, nous savons de quoi est capable notre conscience : trier, choisir et écarter. De fait, elle écarte certains éléments de son champ d’action, devenant, par là même, la génitrice de l’inconscient.

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    Que l’on n’ait pas conscience d’une autre intelligence en soi, ne veut pas dire que cette intelligence n’existe pas.
 

    Si notre rationalité qui effectue ce tri et détermine notre vie n’est pas aussi consciente qu’on pourrait le croire, le rêve, ouvrant une fenêtre sur un autre espace de nous-mêmes, pourrait prendre sa véritable importance.

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    Que l’on n’ait pas conscience d’une intelligence de la matière, ne veut pas dire que cette intelligence n’existe pas.
 
 

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    C’est ainsi qu’au cours de ce travail de recherche, j’ai pu observer l’évolution de ma pensée, trimestre après trimestre, jusqu’à parvenir à de telles conclusions.

    J’ai alors pu évaluer le fonctionnement de ma propre conscience, et sa place dans ses rapports à l’inconscient, siège de l’activité onirique.
Je pensais trouver une complémentarité entre deux systèmes rivaux. Curieusement, en évitant de juger en termes de supériorité ou d’infériorité, c’est l’égalité, l’échange et la continuité qui se sont imposés. La conscience est apparue comme un mouvement continu qui se développe à partir d’une pensée dont j’ai perdu la conscience, et sur laquelle je n’ai pas de pouvoirs réels, sauf de l’interroger et attendre ses réponses.

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    D’où provient cette pensée, sinon d’un foisonnement de particules de matière ?
Les conclusions qui découlent de ces réflexions n’ont, certes, pas la prétention de se prévaloir d’être une vérité, mais au contraire un sujet de recherche dont je ne connaîtrai sans doute jamais la réponse !...

    Tout au long de ce travail, j’ai observé cette « autre pensée » qui reçoit des informations issues de multiples horizons, les analyse et me livre ses conclusions. Elle garde la main sur chacun de mes actes, exactement comme le roboticien des temps futurs sera amené à le faire avec ses créations humanoïdes pour éviter qu’elles n’échappent à son contrôle. J’ai aussi pu observer, au cours de toutes ces années, les limites de mon libre arbitre.

    J’ai aujourd’hui conscience que je n’ai jamais réalisé moi-même ce travail sur la conscience, et, par « moi-même », j’entends mon côté rationnel, celui qui s’interroge avec des mots et cherche les réponses. En effet, je me suis contenté de recueillir des conclusions qui évoluaient en permanence, puis de les adapter pour les rendre compréhensibles en les traduisant en langage courant.
    Ce faisant, j’ai pu évaluer l’importance du travail de mon inconscient par rapport à celui de ma conscience, et surtout le niveau de cette intelligence par rapport à la mienne. Cette intelligence se révèle totalement liée à la réalité des choses, aux preuves immédiates. Elle est aussi toujours prête à proposer une réponse nouvelle en fonction de l’apport d’informations nouvelles, à la condition expresse toutefois que ma pensée rationnelle n’impose pas ses propres convictions.

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Face aux capacités de l’inconscient,
la pensée rationnelle ne fait pas le poids.

    J’ai également pu constater que cette autre pensée, qui me livre ses déductions, me laisse aussi entière liberté de me tromper et affirmer le contraire de ce qu’elle m’offre. Elle se contente seulement de répéter son « enseignement » de diverses manières, pour me ramener sur le chemin paisible de ses déductions. Peut-on résister à autant de patience ?

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    De même que les roboticiens indiquent à leur robot comment comprendre son environnement et y réagir, comment corriger les erreurs ou compléter son programme, mes petites cellules « inconscientes » ont œuvré patiemment pour me guider vers de telles conclusions.
Est-ce leur façon de voir les choses ?
Est-ce la réalité ?
Il ne m’appartient pas de répondre à ces questions.

    La seule chose que je peux dire sans risquer de me tromper, c’est que ma pensée rationnelle, en débutant cet aperçu sur la conscience, n’imaginait pas qu’il deviendrait un véritable défi à relever, et encore moins à quelles conclusions il aboutirait.

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    De même, en croyant diriger cette étude, ma pensée rationnelle n’avait même pas conscience qu’elle perdait son statut de maître pour devenir une élève attentive, à l’écoute d’un maître inconnu délivrant son enseignement.
 

    C’est ainsi que, comme Christophe Colomb qui, en cherchant la route de l'Ouest vers les Indes, découvrait un continent inconnu, je suis parti pour un voyage vers la conscience, et j’ai découvert la matière. Cette découverte était-elle celle de ma raison curieuse ? Rien n’est moins sûr puisqu’un capitaine inconnu, mon inconscient, tenait la barre et choisissait les directions.

    L’autre véritable surprise a été de constater que cette conscience humaine impossible à imaginer et à décrire avec des mots, s’est transformée en un univers vivant qui, bien que conservant son mystère, devenait plus palpable et appartenait désormais au domaine de mes sens.

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    En abordant les rêves et leur compréhension, voilà plus de 25 ans, je n’imaginais pas qu’ils m’amèneraient à faire une telle incursion dans le domaine de la conscience, et encore moins imaginé que ce voyage débouche sur un tel horizon.
    De telles conclusions, tout à la fois, m’inquiètent et me rassurent.
M’inquiètent car j’imagine mal où se dirige l’être humain,
Me rassurent car je n’y participerai pas,
Me rassurent enfin car ce n’est pas l’homme qui fait l’évolution, c’est bien l’évolution de l’univers qui fait… ce qui advient ! C’est ainsi que je peux devenir un observateur de ce monde, touché par le grouillement de sa vie, tout en m'en préservant. Les mots ne changent pas les choses, pas plus que les actions individuelles… Seule la conscience collective peut transformer le monde, or elle est hors de portée de l’homme actuel, et il est fort possible qu’elle soit hors de portée de l’humanité.

    Jusqu’ici, l’apparition et l’évolution des espèces biologiques s’observaient sur des millions d’années. L’évolution actuelle de la matière par le biais des robots s’observe sur des décennies.
Là encore, faut-il s’en inquiéter ?
Au niveau d’une seule génération, c’est le cas, car chacun peut s’interroger: « Que vais-je devenir ? »
    Toutefois, si l’on observe l’évolution de l’homme au fil des générations, on entend chacun, parvenu à un certain âge, dire : « De mon temps, c’était mieux ! », affirmation qui traduit à la fois son bien-être au sein d’une certaine durée, et la difficulté à s’adapter aux circonstances nouvelles.
    Cette phrase traduit aussi que si l’homme préhistorique évoquait les mêmes regrets du passé et les mêmes inquiétudes concernant l’avenir, chaque génération s’est toujours parfaitement adaptée à son temps. Les générations à venir s’adapteront certainement sans difficulté au monde qui se dessine. D’ailleurs, ce sont elles et elles seules qui changeront le monde, et changeront avec lui, en fonction de leurs limites.

Alors, à défaut de juger les choses en bien ou en mal, contentons-nous d’observer l’évolution actuelle vers un monde de machines : celles-ci peuvent tout aussi bien avoir des effets positifs pour l’homme, que l’asservir et le mettre sous leur tutelle.
Que feront-elles alors de l’homme ? En feront-elles un « produit de consommation » comme il le fait lui-même avec ses « frères inférieurs » ?
L’aideront-elles au contraire à connaître ce bonheur qu’il cherche fébrilement tout autour de lui, alors qu’il est en lui ?

    A défaut de connaître l’avenir, nous allons nous intéresser, à partir d’aujourd’hui, au présent et à la conscience humaine telle qu’elle est, mais aussi telle qu’elle pourrait être.
Une pleine conscience pourrait-elle nous faire accéder au bonheur ?

    N’oublions pas cependant que l’objectif final de cette étude est de comprendre les rêves. Aussi, nous ne nous attarderons pas sur ces dernières conclusions, qu’elles soient avérées ou non, pour reprendre notre voyage. Avant de parvenir à son terme, il est fort probable qu’il nous réservera encore bien des surprises.

    Je songe à tout ce en quoi j’ai cru, à toutes ces choses imaginaires qui ont orienté les premières décennies de ma vie.
Croire en des choses impossibles m’a peu servi, pas même à me rassurer car, au même instant, surgissait un véritable conflit : si ce qui me rassurait était illogique, ce n’était pas fait pour me rassurer.
Comment croire en quelque chose de tout-puissant qui ne montre pas sa toute-puissance ?
Comment croire que quelque chose qui est invisible et impalpable puisse exister ?
    Par contre, l’existence d’un univers source de vie me convient provisoirement. En effet, il se montre tout puissant car générateur de la vie en général, et de la mienne en particulier ; il demeure inaccessible car impalpable dans son immensité, ce qui correspond à mon expérience quotidienne, et à aucun moment il n’influence mes actes.

    De plus, savoir que je ne possède que l’avant-dernière réponse sur le sujet me rassure, car cette réponse s’inscrit ainsi dans une continuité, et c’est ce progrès permanent qui me rassure.

    Ainsi, les conclusions actuelles de ce travail ne m’inquiètent pas, car je sais qu’elles ne sont pas définitives et que, déjà, de nouvelles réponses se font jour dont je ne sais si elles sont vraies ou fausses, mais dont je suis certain qu’elles déboucheront sur de nouvelles réponses, à la fois plus justes, plus précises, et s’inscrivant dans une réalité générale de plus en plus compréhensible.

    D’un autre côté, que les croyants se rassurent : ils peuvent continuer à croire en leurs dieux. En effet, il est toujours possible d’imaginer que l’un d’eux m’a soufflé ces conclusions.

    Pour en venir à de telles conclusions, il a fallu que ma pensée évolue, qu’elle renonce à la pensée magique de mon enfance où j’accordais une existence au Père Noël, qu’elle renonce à Dieu lui-même, puis aux pouvoirs surnaturels censés être accessibles à l’homme parfait. Seul ce renoncement a permis à ma pensée de poursuivre sa route.

    Le Père Noël ? J’avais peu de moyens de le mettre en doute, il venait bien déposer des cadeaux durant mon sommeil, la nuit du 24 au 25 décembre. La révélation de mon père concernant ce personnage a certainement été le premier pas qui m’a permis de faire le tri entre la réalité et mon imaginaire.
C’est ainsi que, un peu plus tard, les multiples incohérences du dogme religieux dans lequel je baignais m’ont amené à remettre en question les croyances qui m’animaient dans ce domaine. Toutefois, quitter le dogme ne signifiait pas encore quitter la pensée magique qui donnait naissance à des êtres invisibles, parfaits et dotés des pouvoirs liés à leur perfection. D’ailleurs, ces pouvoirs n’étaient-il pas accessibles à l’homme qui avait réussi sa « quête du Graal » ?

    Les propositions de la science (chercher des réponses et ne jamais s’attacher à celles qui ont été invalidées), sont venues à point pour orienter une nouvelle démarche vers la connaissance, plus satisfaisante à mes yeux.
Recueillir des idées, accéder à des informations vérifiables, écarter les « vérités » inconciliables avec la réalité est devenu ma véritable quête. La vie est alors devenue plus simple, car elle ne nécessitait plus de justifier à chaque instant, et par différents artifices, des croyances devenues obsolètes.

    Pour revenir à ce travail sur la conscience, deux pages HTML devaient suffire. Mais la deuxième page s’est sans cesse allongée, m’imposant de la scinder en deux nouvelles pages. C’est ainsi que la page 2 s’est divisée en pages 2 et 3, puis la 3 en 3 et 4 jusqu’à parvenir à ce dernier chapitre.
Dernier chapitre ? Ce n’est pas si sûr, car d’autres sont encore à venir dans le seul domaine de la conscience.

    Au terme de cette étude, que suis-je finalement ?

    Suis-je toujours l’être humain que je croyais être ? Suis-je ce robot commandé par des milliards de petits personnages dont chacun semble aussi intelligent que je croyais l’être moi-même ? Ne suis-je qu’une particule de matière, une « poussière » de ces étoiles qui m’entourent ? Ces dernières posséderaient-elles une capacité d’intelligence ou ne seraient-elles que cette matière « inerte » que ma conscience rationnelle est capable de décrire mais qu’elle est incapable de ressentir ?
    Une émotion m’envahit en écrivant ces mots, et je sais que les mots que j’utilise ne pourront jamais décrire ce que je ressens… La seule chose que peuvent dire les mots, c’est que quelque chose me parle par le biais des émotions, et que ce quelque chose, je le connais parce que je le vis intérieurement, sans pouvoir le décrire ni le partager.
Les mots, ce « propre de l’homme », sont ce qui fait sa force, et pourtant ce sont eux qui défont sa compréhension de l’univers dans lequel il vit et déterminent ses errements [cf : la voix de l’influence].

    En ce qui me concerne, aujourd’hui, j’aime imaginer que j’existe au sein d’un univers vivant…
Je sais aussi que je ne peux me fier à mon imagination pour en tirer des conclusions hâtives.
Le monde est ce qu’il est…
De plus il est uniquement ce que j’en perçois, car réduit par les limites même de mes capacités sensorielles, et il y a peu de chances pour que le cours de ma vie m’en apprenne beaucoup plus.
Les générations à venir en sauront certainement davantage.

    C’est d’ailleurs à ces dernières que reviendra la responsabilité de découvrir, un jour, et en toute conscience, quelle est l’origine réelle de la pensée humaine…

    Alors que j’utilise le terme d’univers vivant, dois-je considérer pour autant que je suis croyant ?
Non ! Je me contente seulement de vivre dans le monde où je suis, de tirer parti de ce que tous mes sens m’apportent de plaisir et d’émotion, sans oublier les souffrances qui permettent, à condition d’en comprendre la cause, d’éviter qu’elles ne se reproduisent…
    Finalement, cet univers est-il vivant ? Peu importe la réponse : il importe seulement d’y vivre et d’y demeurer en harmonie avec ses règles.
Y vivre le bonheur à la bonne heure.

    Merci de m’avoir lu.