Le Moyen-âge.



4 – Le rêve au Moyen-âge :
    La chrétienté de l'époque est à cheval sur deux mondes : chrétien et païen.
Les songes y foisonnent d'éléments naturels, d'éléments de la religion chrétienne auxquels se mêlent les croyances païennes.


    L'accès à la connaissance, source de remises en question, est fort mal vu des autorités religieuses. La lecture de la bible elle-même est interdite.

    Le corps lui aussi est mis à l'index. : sa mortification fait partie des moyens d'accès à la vie spirituelle.

    Quant aux rêves, en raison des certitudes personnelles qu'ils peuvent apporter à certains, leur interprétation n'est pas autorisée. Elle est d'ailleurs assimilée aux pratiques de sorcellerie.
    Le rêve est l'oeuvre du diable.

    "Que loin de nous passent les songes et les fantasmes de la nuit.
Gardez nos corps de l'Ennemi, afin qu'ils ne soient pas souillés."
(Complies du dimanche)


    Toutefois, malgré leur condamnation par l'église, les rêves conservent une grande importance...

    Dans les rêves de cette époque, coexistent deux mondes :
        - le monde de l'église avec Jésus, les anges et le diable.
        - et celui de la royauté, le roi étant choisi par Dieu pour protéger la Sainte Eglise et la vraie Foi.
A côté du monde spirituel, existe donc le monde temporel : les rêves sont ainsi détournés pour renforcer l'autorité royale comme l'indiquent les clés des songes de l'époque.
    Le roi est symbolisé par le Soleil, la reine par la Lune.

    Quant à l'ordre social, il est représenté par les différents règnes animal et végétal.


Si le roi et ses seigneurs sont symbolisés par les grands fauves, les animaux domestiques représentent le peuple...

    Dans cette clé des songes élevée au rang d'institution, le corps humain n'échappe pas au parallèle établi avec le corps social : la tête est le souverain, les mains les soldats, et les pieds le peuple.
Les thèmes des rêves tournent autour de la santé, de la maladie, de la prospérité ou de la ruine.
Le thème de la richesse apparaît dans les rêves liés aux sécrétions ou humeurs corporelles.
L'autre dans le rêve est l'étranger. En tant que tel, il doit être dominé. (Nous verrons ultérieurement la portée de ce mot : car l'autre, dans le rêve, est toujours notre inconscient).
    Si les clés des songes des égyptiens et des Grecs avaient pour fonction d'aider le rêveur à avancer dans sa vie, l'enseignement individuel du rêve est désormais totalement écarté. Le véritable but de ces clés des songes est de maintenir le pouvoir des autorités temporelles ou religieuses en place.

Conclusion :
    Le rêve sert toujours à rassurer, enseigner, communiquer, deviner l'avenir.
Cependant, il a perdu toutes ses caractéristiques : l'épanouissement individuel est désormais sacrifié à l'adaptation forcée à un ordre social.
Seules les clés des songes officielles ont cours.


La raison sociale a pris le pouvoir.




E - Le bouddhisme : (suite)