"L'univers est un immense livre."












La matière,
cette inconnue.






3 - La place de l’homme dans l’évolution :

    Nous connaissons la place de l’homme par rapport à l’évolution de la vie organique, par rapport à l’intelligence et à la conscience. Mais, pour connaître sa place dans l’évolution, il va falloir récapituler tout ce que nous en connaissons afin d’anticiper un avenir possible et peut-être même de refermer la boucle des transformations de l’univers.

A - Matière, ADN, cellule, être humain – la chaîne des inventeurs :

        a – La matière, premier inventeur :
    Nous avons vu que la matière est le premier inventeur des associations de particules en atomes et molécules. L’une de celles-ci, la molécule d'eau (H2O), va s’associer à ses semblables pour former des gouttes dont la surface extérieure va constituer une enveloppe, favorisant la synthèse de nouvelles molécules en son sein. En ce sens, la goutte d’eau est le premier laboratoire disponible pour la matière, permettant à cette dernière de réaliser ses premières synthèses.

        b – L’ADN, prolongement organique de la matière minérale :
    On ne peut savoir comment l’ADN s’est associé à d’autres molécules pour se construire une maison (le cytoplasme), ni comment il s’est divisé pour donner naissance à deux cellules identiques. On ne sait aussi comment il est parvenu à s’associer à une autre chaîne d’ADN différente et complémentaire pour que débute une autre étape de l’évolution de la vie, celle de la sexualité.


    L’ADN s’est-il contenté d’exprimer les capacités mêmes de la matière qui est de pouvoir s’associer, se séparer, se transformer ? Ou peut-on dire qu’il a fait preuve d’intelligence ?

    Quoi qu’il en soit, la matière issue de la synthèse des éléments primordiaux de la vie, nous rappelle que la chaîne d’ADN est en tout premier lieu l’inventeur de l’organisation moléculaire à grande échelle, celle du cytoplasme du procaryote, et, ce faisant, le premier inventeur de la sauvegarde individuelle, avant de devenir le premier inventeur de la mobilité chez les micro-organismes mono cellulaires.
    Le virus qui est l’élément le plus simple de la matière organique, nous dévoile chaque jour ses capacités à utiliser la matière environnante pour survivre.
    Les assemblages moléculaires qui le constituent s’avèrent capables de muter pour s’adapter et survivre dans un environnement hostile ; il possède même des capacités guerrières lorsqu’il s’agit de combattre d’autres souches virales. Ce faisant, il nous indique qu’en participant activement au combat pour la survie, il a certainement su utiliser son environnement, avant de profiter des avantages que fournit le parasitage de cellules plus élaborées. N’est-ce pas la chaîne d’ADN qui le constitue qui, sous une autre forme plus élaborée, s’est constituée une enveloppe cellulaire ?

    Alors que la goutte d’eau nous a montré sa capacité à faciliter les assemblages de molécules sur sa périphérie interne, on peut imaginer que la molécule d’ADN est la première a avoir, elle aussi, pu organiser des assemblages de molécules, à sa surface cette fois.



        Peut-on considérer que seul le « hasard » a déterminé un tel résultat, ou doit-on admettre que la matière est régie par des lois qui aboutissent forcément à l’éclosion de la vie ? On peut imaginer le temps qui serait nécessaire pour que toute la matière qui constitue une souris, mise dans une enceinte close, reconstitue l’animal tout entier, dans une sorte de génération spontanée. On peut alors imaginer le temps qui serait nécessaire pour que toute la matière constitutive de l’univers aboutisse par le seul hasard à créer la vie et la conscience.

    Une seule possibilité semble donc exister : si la matière organique a la capacité de s’associer à d’autres molécules ou composés chimiques pour créer des éléments stables, et évoluer vers la vie, elle répond aux mêmes lois que la matière qui constitue l’univers tout entier.
On ne peut plus alors parler de matière inerte ou vivante, mais seulement de matière qui, dès son origine, va évoluer vers la vie.
    C’est ainsi que, quelle que soit la période où l’on observe l’évolution de l’univers, ses composés évoluent vers des assemblages stables, capables ultérieurement de s’associer à d’autres composés chimiques pour les intégrer dans leur fonctionnement, capables aussi de se protéger de composés déstabilisants, capables enfin d’en absorber d’autres susceptibles de constituer une nouvelle source d’énergie.
Plus tard, cette matière assemblée en cellules constituera de remarquables édifices, capables tous aussi bien de se mouvoir dans l’espace que de réguler leur température pour créer les conditions idéales de la stabilité.

    La distinction que nous faisons entre matière inerte et matière vivante n’est qu’une apparence, car nous ne pouvons imaginer que la vie puisse se présenter sous une forme différente de celle que nous connaissons et dont nous disposons. Nous savons que les caractéristiques essentielles de la vie sont la mobilité et l’adaptation, similaires aux nôtres, et qu’elles caractérisent une certaine forme d’intelligence. D’un autre côté, l’immobilité est le signe de l’absence de vie.
    Ainsi, que la matière minérale soit « non vivante » est pour nous une évidence : pourtant, elle répond aux mêmes lois et présente la même évolution que la matière dite « vivante ».


    Pourtant, s’il est possible d’attribuer la vie et l’intelligence à un organisme capable de s’associer, se protéger et transformer son environnement pour survivre, s’il est possible de lui attribuer un « dessin évolutif », on ne peut attribuer la vie à la matière « non organique » dont le « dessein évolutif » nous échappe.

    c – L’ADN, gagnant de la course de la matière évolutive :
    La sélection de la matière organique comme première étape de l’apparition de la vie, liée à sa rapidité de transformation, marque un tournant décisif dans l’évolution.
Alors que jusqu’ici la matière minérale semblait évoluer « au hasard » des circonstances, évolution qui dépendait du temps écoulé et de l’environnement existant, soudain cette évolution va s’accélérer :
- 12,9 milliards d’années d'évolution de la matière inerte pour aboutir aux prémices de la vie,
- seulement 0,9 milliards d’années pour que la matière organique évolue jusqu’au stade que nous connaissons, celui de la vie sur Terre.
Bien plus, la matière organique va désormais réagir « pour elle », s’appropriant les composés existant dans son environnement pour poursuivre ses transformations.

 

La matière minérale ne peut que réagir avec son environnement.
 
La matière organique réagit dans son environnement tout en s’en protégeant : tout se passe comme si elle « décidait » de sa propre évolution.

    De plus, la matière environnante va passer du statut de simple matériau de construction à celui d’« outil » pour celle qui est parvenue à s’isoler.

    C’est ainsi que l’enveloppe de l’ADN, après avoir constitué une protection, va devenir un véritable outil capable de prélever les matériaux utiles, avant de les transformer dans l’atelier artisanal du milieu intérieur cellulaire.
 

« Après une longue évolution de la matière, l’ADN, en créant une cellule, apparaît comme
la première étape qui va permettre à la matière de se protéger de son environnement. »

        d – la cellule, prolongement, protection et outil de l’ADN :
    En dépit de notre hypothèse, nul ne sait aujourd’hui comment les gènes, assemblés dans la chaîne d’ADN, ont commencé à élaborer une enveloppe. Nul ne sait si les virus ont un rôle quelconque dans cette évolution. On peut supposer que chacun a dérivé à partir d’un tronc commun disparu depuis lors, tout comme l’homme et le singe se sont séparés à un certain stade de l’évolution.

    Cependant, après la réalisation d’une enveloppe par accrétion de matière autour de sa structure, l’ADN a su prélever les matériaux nécessaires à sa survie, tout en se protégeant de son environnement. Il est même parvenu à organiser sa division ainsi que celle de la cellule dans laquelle ils s’était inclus pour assurer sa reproduction.
Peu à peu, au fil de ses adaptations et de ses transformations, l’ADN originel est devenu le patron qui donne des ordres.

    Plus tard, l’ « ADN patron » a pu s’offrir un bureau spacieux, le noyau de la cellule, tandis que l’ARN devenait son messager, et l’ADN mitochondrial, protégé dans une vésicule, devenait un élément essentiel dans la production d’énergie nécessaire au fonctionnement de la cellule.
 

    Bien séparés dans leurs fonctions, ces différents types de molécules ont constitué la première association d’éléments similaires complémentaires. Une fois constituées, les cellules ont démontré qu’elles pouvaient s’adapter à leur milieu et y survivre en exploitant les caractéristiques de ce dernier, quelles qu’en soient les conditions [cf : les bactéries en milieu extrême].

  e – L’organisme, prolongement et outil de la cellule :
    Tout comme les gènes étaient parvenus à s’associer avec des éléments complémentaires au sein d’une enveloppe protectrice, les cellules ont fait de même. Bien que se reproduisant à l’identique tout en restant autonomes, elles se sont associées en utilisant cette capacité naturelle : elles ont ainsi formé des colonies d’individus identiques avant de se spécialiser.
Grâce à cette spécialisation, elles ont ainsi renforcé les capacités de l’ensemble, tant dans le domaine de la survie que dans celui de l’adaptation à l’environnement [cf : les éponges].
C’est ainsi qu’en devenant de puissants outils au service de leur communauté de cellules, les animaux ont pu coloniser l’espace.


« Si les débuts de l’organisation de la vie organique demeurent un mystère,
cette organisation s’avère identique à tous les stades de son évolution. »

        f – L’homme, exception, ou simple construction moléculaire ?

    L’homme se pense superbement intelligents, lui qui a inventé d’extraordinaires instruments capables de collecter des ondes électromagnétiques, photons et autres particules…
Pourtant, nous ne sommes pas les précurseurs en la matière.
    Comme nous l’avons vu, de petites cellules à l’intérieur de notre corps ont « inventé » des pavillons (oreilles) capteurs d’ondes sonores, des instruments (tympans, osselets) capables de transmettre les vibrations extérieures. Elles ont réalisé le système capable de transformer des vibrations en sensations, celui de les transcrire en langage, et celui de retransmettre ce langage grâce à un émetteur d’ondes.


    D’autres organes ont également été inventés par ces minuscules génies afin de recevoir les ondes lumineuses, et même sélectionner certaines fréquences pour que la créature humaine que nous sommes soit à même d’imaginer des couleurs.
La peau elle-même constitue un autre organe de la vision, capable de percevoir des longueurs d’onde invisibles pour les yeux (comme le rayonnement infrarouge sous forme de chaleur), et de localiser leur source.

 


    Mais tout comme l’homme ne serait rien sans ses cellules, que seraient les cellules sans ADN, et l’ADN existerait-il sans l’existence préalable de la matière ?
 

    L’Homme pense aussi que sa propre volonté est indispensable pour améliorer sa conscience, entre autres lorsqu’il utilise des outils… Tant qu’il ne s’agit pas d’outils intelligents, c’est ce que l’on peut croire…Ainsi, afin de prendre conscience de sa place dans le système solaire, il peut utiliser une lunette de Galilée pour en observer les planètes.
Mais est-ce bien pour lui qu’il observe les planète ?


    La machine humaine élaborée par des milliards de cellules communicantes ne serait-elle alors qu’un outil « aux mains » de celles-ci, alors que les cellules sont, elles mêmes, les outils élaborés par les chromosomes pour leur permettre d’exploiter leur environnement ?

Les besoins énergétiques de chaque élément seraient-ils la seule raison qui pousse la matière, parvenue à un certain stade de transformation, à se créer des outils ?



« Chaque étape de l’évolution de la vie
montre que celle-ci crée des outils à son propre usage.
L’homme fait-il différemment ? »

        g – L’homme, la cellule ou l’ADN, où situer l’intelligence et la conscience ?

    L’homme n’est visiblement pas différent de tous les êtres vivants qui l’ont précédé.
Ce qui est certain, par contre, c’est qu’il constitue un organisme plus abouti que ses prédécesseurs. Le domaine où il s’est distingué, et qui lui a donné un avantage certain, est celui du langage. Ce dernier lui a permis de développer des relations sociales de plus en plus étroites et précises, et de s’affirmer dans tous les domaines, en particulier dans celui de la transformation de son environnement.

    Les capacités qui lui sont communément reconnues sont l’intelligence et la conscience.
Si, d’une manière générale, nous séparons bien ces deux capacités, on peut néanmoins se demander de quelle manière elles interagissent.
Pourquoi, alors, ne pas envisager que ces cellules, dont nous constatons l’action intelligente, possèdent, elles aussi, une part de conscience ?


    Et, au-delà des cellules, qu’en est-il des gènes ? Et qu’en est-il de la matière qui est à leur origine, matière dont nous savons maintenant qu’elle s’est elle-même associée et organisée avant de constituer ces gènes ?

 
    Qui œuvre vraiment à la découverte du monde ?
 

    Le problème s’avère complexe.
    Considérons un autre domaine, celui de l’Internet : si l’entité « Internet », avec toutes ses retombées politiques, scientifiques et commerciales est le résultat du travail commun de milliers d’hommes intelligents, peut-on affirmer que cette entité est dénuée d’intelligence ?

    On peut, bien sûr, considérer que ce n’est pas le cas, puisqu’elle n’a d’existence et de « vie » que grâce à la présence de l’homme aux commandes.
 

    Mais alors, qu’en est-il de la fantastique machine humaine dont le fonctionnement ne dépend que des capacités de ses neurones ?


    Qu’est-ce qui fait que nos cellules agissent avec intelligence, à défaut d’être reconnues intelligentes ? Qu’est-ce qui fait qu’à un certain stade évolutif, la matière semble capable de savoir ce qui est bon ou mauvais pour elle, alors qu’au départ elle semble ne pas l’être ?

    Quant à notre conscience, elle peut être faussée par l’influence de la parole d’autrui (désinformation, publicité…) [cf : la voix de l’influence].
Or, être conscient, n’est-ce pas savoir que chaque affirmation donnée par la parole doit être vérifiée et corroborée par d’autres expériences, personnelles ou vécues par d’autres ?
S’il ne le fait pas, est-il juste alors d’affirmer que l’homme est pleinement conscient, et en toutes circonstances, si l’on considère l’état de la planète et d’une grande partie de ses habitants ?

    Comment peut-on alors définir la conscience de l’homme qui, tel le mouton de Panurge, suit aveuglément l’ensemble de sa communauté, ou s’en désintéresse ?
 

    Nous sommes, aujourd’hui, capables de construire des robots serviteurs, mais lorsque nous serons capables de vivre dans une structure devenue « intelligente », est-ce nous, humains enfermés dans cet immense robot, ou le robot lui-même qui possédera l’intelligence et la conscience ?
Une chose est toutefois certaine, c’est qu’avec ses énormes capacités de perception, d’analyse et de mémoire, le robot possèdera une connaissance tant de son environnement proche, que de l’univers, infiniment plus poussée que la nôtre.

 
Ce qui semble évident lorsqu’il s’agit d’une machine,...
 
...ne l’est plus lorsqu’il s’agit de l’homme.

    L’homme est-il la créature qu’il s’imagine être ? Ne serait-il finalement qu’un gigantesque robot dans lesquels 100 milliards de cellules logées dans la boîte crânienne traitent les informations fournies par leurs consoeurs, pour les redistribuer dans toutes les directions en vue d’agir « intelligemment » ?




« Tout ce que l’homme est capable de réaliser,
l’ADN et la cellule l’ont fait bien avant lui. »

B – Place du robot dans le monde de l’homme :

        a – De l’outil de la cellule à l’outil de l’homme :

      Après avoir créé des outils pour réaliser ce que ses mains étaient incapables de faire, aujourd’hui, l’homme délègue de plus en plus les tâches du quotidien aux robots. En ce sens, il a accéléré tous les processus d’évolution de la matière, tout en développant de manière extraordinaire sa compréhension du monde.

      Une fois encore, ce résultat est-il différent de celui obtenu par les cellules qui, en communauté, ont confié à l’homme, leur outil, le soin de réaliser tout ce qu’elles étaient incapables de réaliser seules ? Et qu’en est-il au sujet de la matière « vivante » qui les a précédées ?

      Les premières molécules se sont contentées de se combiner aux atomes ou molécules compatibles qui passaient à portée, puis l’ADN s’est lui aussi « nourri » des éléments environnants pour se construire un habitat.
      Quant aux cellules, incapables d’extraire à grande échelle des minerais du sous-sol, puis de construire les usines à même de les transformer, elles ont réalisé leurs ambitions en s’associant afin de développer des structures importantes, d’abord fixes puis mobiles, dont la dernière évolution est l’homme.


    Alors que l’animal doit se contenter de trouver dans son environnement la nourriture qui lui est indispensable, l’homme, après de multiples développements, est parvenu à créer la machine-outil, prolongement de sa main, la rendant plus efficace pour subvenir aux énormes besoins énergétiques des colonies cellulaires qui l’habitent.


Robot pour nourrir les vache, afin de...
 
..satisfaire les besoins énergétiques.

    Ces extraordinaires capacités à comprendre et utiliser son environnement lui permettent de s’attribuer la conscience. Mais qu’en sera-t-il du robot intelligent et autonome qu’il s’apprête à construire ? Il est intelligent, sera-t-il conscient ?

« Il manquait aux mammifères et aux primates
les moyens de transformer leur environnement et d’explorer l’Univers,
les cellules, par le biais de l’homme, ont réalisé cet exploit. »

        b – De la communication de la cellule à celle de la matière :

    Pour assurer la cohésion du groupe, indispensable aux réalisations importantes, il fallait aussi à l’homme un langage élaboré. À la suite de ses frères animaux, il a commencé par perfectionner le langage favorisant ses rapports sociaux, avant d’élaborer d’autres langages comme le langage informatique qui lui permet non seulement de communiquer de plus en plus loin sur Terre, mais aussi voir de plus en plus loin dans l’Univers.


    Grâce à ce langage, l’outil qui n’était jusqu’alors qu’un prolongement de sa main, a pu devenir un prolongement de ses sens. Ainsi, la lunette qui se contentait de potentialiser les capacités de son œil, est devenue un radiotélescope qui porte aujourd’hui sa vision jusqu’aux confins de l’Univers. L’homme peut désormais contempler ce que sa propre vue ne pourra jamais appréhender.


    En observant l’Univers, il a pu élargir l’espace de sa conscience de l’horizon où il vit, à l’Univers tout entier.
Or, voilà que, grâce au langage informatique, il transmet son savoir aux intelligences artificielles qu’il crée, leur donnant même la capacité de découvrir par elles-mêmes.


« Si les sens sont des outils pour l’organisme,
Les créations intelligentes de l’homme, qui prolongent et amplifient ces derniers,
Pourraient-elles être qualifiées de nouveaux sens ? »

        c – De l’évolution des espèces à celle des robots :

    C’est ainsi que, dans sa course à la compréhension des mécanismes les plus intimes de la matière et de l’Univers, l’homme perfectionne sans cesse les instruments qui lui permettent de recevoir les informations, et d’aller les chercher où il ne saurait aller. Après avoir utilisé les organes des sens construits par ses propres cellules, il a créé ses propres outils pour voir plus loin, et même en lui.

    La machine-outil informatisée autorise des réparations à un niveau jusque-là inabordable : celui de son ADN. L’écran d’ordinateur rend sa vue plus perçante, lui permettant d’observer à travers son corps aussi bien qu’au plus profond de l’univers.

De l’outil mécanique à l’outil informatique.

    Or, voilà que le robot-outil qui apparaissait de plus en plus comme le prolongement des sens de l’homme, prend soudain forme humaine, et commence à apprendre par lui-même.

Du robot outil au robot intelligent et anthropomorphe.

    De simple armoire dotée d’un cerveau électronique, il est en train d’acquérir des sens, des membres et des articulations. Surtout, il acquiert la capacité de communiquer. Aussi, l’échange, entre robots, de paramètres de comportement stockés à l’intérieur de chacun, dans ce qui est l’équivalent d’un « génome » [cf : l"évolution incorporée], ressemble-t-il de plus en plus à une nouvelle étape de l’Evolution.


    Toutefois, si l’évolution du robot suit un cheminement similaire à celui de l’homme, l’apparence humaine qui lui est parfois donnée n’est qu’un leurre pour l’œil humain ; le robot n’a pas besoin d’une forme déterminée pour explorer l’univers. Comme cela se produit dans le monde vivant, seule sa fonction va déterminer sa forme. Il pourra aussi bien être « ver » pour pénétrer sous terre, « sous-marin » pour parcourir les profondeurs océaniques, « sonde spatiale » pour explorer l’Univers, jusqu’à avoir la forme humaine, gage d’efficacité en toutes circonstances. Il n’aura d’apparence humaine que pour celui qui a besoin d’un compagnon.


« Le robot construit par l’homme
est en train d’envahir l’espace,
à la manière dont les espèces « vivantes » l’ont fait avant lui. »

C – Place de l’homme dans l’évolution :

        a – La matière, support de l’évolution tout entière :

    Le seul lien qui existe entre particules, molécules, cellules, hommes, et ce qui en découle, langages et écritures, est la matière qui leur sert de support et leur donne naissance.
    La matière est capable de s’associer pour créer des ensembles, animés ou inanimés.
    Elle est capable d’émettre des ondes ou d’en recevoir : ainsi, les atomes peuvent-ils émettre des photons, information perceptible pour notre œil. Le langage lui-même est un ensemble d’ondes émises par des cordes vocales qui vibrent au passage de l’air propulsé par un soufflet pulmonaire. De la matière donc, mais, dans ce cas, de la matière organique !

    La matière stellaire est tout aussi capable d’émettre des ondes multiples, bruit de fond que nos oreilles sont d’ailleurs bien incapables d’entendre. Pourtant, c’est bien en utilisant la matière inerte que les hommes ont été capables de construire des appareils pour enregistrer et interpréter ce bruit.
C’est ainsi qu’ils captent le rayonnement cosmique grâce à d’immenses antennes qui sont autant d’oreilles dressées vers l’espace, et l’analyse des objets célestes à travers un spectre lumineux permet d’en « voir » la nature.

    Aujourd’hui, les astrophysiciens peuvent comprendre le sens de ces informations lointaines, et ce qui était tout d’abord imperceptible est devenu un « langage » : le langage des galaxies, celui des étoiles, et celui des planètes.
L’homme a aujourd’hui les moyens de prendre conscience du monde dans lequel il vit, et du passé de ce monde. Cependant, les yeux et les oreilles qu’il utilise en plus des siens sont des yeux et des oreilles de matière minérale.

    Quant aux robots auxquels l’homme tente de greffer l’intelligence, ils sont eux aussi des constructions bâties à partir de matière minérale.
Si,à un certain moment de son histoire, l’évolution a fait apparaître l’intelligence au niveau de la matière organique, aujourd’hui, en faisant basculer l’intelligence de la matière organique à celle de la matière minérale, l’évolution, par l’intermédiaire de l’homme, suit un parcours d’une logique rigoureuse.


        L’observation de l’évolution de la matière organique montre que cette dernière a, sans cesse, lutté pour s’affranchir des contraintes du milieu extérieur. C’est ainsi que l’« invention » de la photosynthèse a permis à l’être vivant biologique de coloniser la totalité de la surface de la Terre.

Rôle des cyanobactéries et de la photosynthèse dans la transformation de l'atmosphère.

    Aujourd’hui, le robot s’affranchit des contraintes de la vie sur Terre, et il explore de nouveaux espaces. Muni de capteurs solaires, il peut se passer d’atmosphère et coloniser des mondes qui ne permettent pas à la vie organique de se développer.
Même si, aujourd’hui, cet être mécanique se contente de transporter l’intelligence humaine dans ces lieux, on peut supposer qu’un jour c’est sa propre intelligence qui lui fera découvrir les autres mondes.

    Quelles seraient les capacités d’un robot affranchi de la fragilité de la matière organique, et capable de s’auto réparer ? Inusable et économe en énergie, capable de se régénérer en utilisant n’importe quelle source, il serait à même de porter son intelligence dans tous les lieux inhospitaliers pour la matière organique. Le temps lui-même n’aurait pas d’influence sur lui.
    Parvenu sur une planète lointaine où aucun homme ne pourrait le rejoindre, le robot, grâce à son intelligence pourrait exploiter les matériaux locaux pour investir ces nouveaux lieux et même se créer des semblables par son cerveau et ses mains.

    Si l’homme venait à disparaître, la poursuite de l’évolution appartiendrait à ce robot.
Alors, lui et ses semblables pourraient découvrir l’Univers. Intelligents, et sans doute conscients de leur environnement, se considéreraient-ils comme des êtres vivants ?

        b – Le tournant à venir – l’ordinateur quantique :

    Que manque-t-il alors au robot pour qu’il puisse un jour supplanter son créateur ?
Un élément de réponse peut nous être apporté par une révolution en marche dans le domaine de l’informatique : l’apparition des premiers circuits quantiques.

    Les robots actuels les plus simples sont dirigés par des ordinateurs encore constitués de modules indépendants, ce qui limite leur capacité par rapport à celle permise par nos neurones. En effet, seule la puissance de calcul disponible actuellement empêche les robots d’égaler l’homme. Mais, déjà, les premières puces neuromorphiques sont réalisées, fusionnant les différents systèmes au sein de chaque processeur, et l'impensable semble sur le point de devenir réalité ravec l’apparition des premiers circuits quantiques.

    Chacun a entendu parler de la physique quantique qui décrit le comportement des atomes et des particules. Elle a permis des applications dans de multiples domaines : l’énergie nucléaire, l’imagerie médicale par résonance magnétique nucléaire, les diodes, transistors, microscopes électroniques sans oublier le laser. Pourtant, malgré sa capacité à permettre d’appréhender les phénomènes les plus intimes de la matière, la physique quantique s’avère difficile à comprendre pour le commun des mortels car elle est contre intuitive.
C’est la raison qui faisait écrire à Richard Feynman, physicien spécialiste de cette physique : « Je crois pouvoir affirmer que personne ne comprend vraiment la physique quantique ».
Pourtant il disait aussi qu’un ordinateur dont la logique serait régie par les lois de cette physique rendrait obsolètes les plus puissants calculateurs actuels.

    Comment fonctionnent donc ces machines dont l’avenir, jusqu’ici improbable, semblent aujourd’hui en passe d’opérer une véritable révolution dans le domaine de l’intelligence artificielle ?

    Le principe des ordinateurs dont nous disposons aujourd’hui consiste à placer des « interrupteurs » (ou transistors), sur un circuit électronique, chacun encodant un bit d’information (1 ou 0) selon qu’il est ouvert ou fermé. Le traitement de chaque bit se fait successivement.
Ainsi, pour faire un calcul avec trois bits, impliquant toutes leurs combinaisons possibles, il faut faire 8 calculs successifs.
Calcul classique : 000-100-010-001-011-110-101-111

    Les circuits quantiques opèrent en ce sens une véritable révolution : en effet, les objets régis par les lois de cette physique – ions, atomes, électrons – présentent l’incroyable capacité de pouvoir se trouver simultanément dans deux états différents.

    De ce fait, un interrupteur quantique peut être à la fois ouvert et fermé, c’est-à-dire qu’il peut encoder à la fois 0 et 1.On parle alors de bits quantiques ou « qubits ».
Dans les puces quantiques, les calculs manipulent toutes les combinaisons de qubits à la fois.
Deux interrupteurs quantiques sur un même circuit peuvent donc se trouver dans quatre états d’information différents à la fois (« 00 », « 01 », « 10 », et « 11 »).

    De même, alors qu’avec 3 bits, il faut faire 8 calculs successifs, avec 3 qubit un seul calcul suffit.
 

    Et un circuit qui serait composé de 50 interrupteurs quantiques se trouverait dans une superposition de plus d’un million de milliards d’états (250 = 1 125 899 906 842 624). Le calcul effectué par un tel circuit serait alors réalisé simultanément sur chacun de ces états, d’où un accroissement vertigineux de la rapidité de calcul.

    Or, voilà que l’impossible semble sur le point de devenir réalité.

    Malgré les difficultés que présente leur réalisation, de petits calculateurs quantiques ont été construits à partir des années 1990. La difficulté majeure concernait alors la réalisation de l'élément de base : l’interrupteur, le phénomène de décohérence freinant son développement (la décohérence étant la perte des effets quantiques lorsqu’on passe à l'échelle macroscopique).

    Toute la difficulté consiste, non seulement à obtenir un qubit, mais à maintenir son caractère quantique (qui ne s’applique normalement qu’à l’infiniment petit) sur un support macroscopique. Faute de quoi, le phénomène de décohérence, entraîné en particulier par toute augmentation de température, rend impossible la mise en œuvre du principe de superposition, spécificité du qubit.

    C’est pourquoi un ordinateur quantique est avant tout un congélateur fonctionnant à une température proche du zéro absolu (-273 °C environ).

    C’est en 2001, qu’est accompli le premier calcul quantique : 7 qubits disposés sur un même circuit et exploitant l’algorithme de Shor permettent à la machine de vérifier que 15 est divisible par trois et cinq…
Apparemment ridicule, ce calcul a cependant permis de valider le fonctionnement de la machine et son principe.

    En 2007, Deux équipes de physiciens appartenant à l’Université de Yale (USA) et au National Institute of Standards and Technology (USA), annoncent, dans la revue Nature, être parvenus à transférer une information d’un bit quantique à un autre bit quantique (qubit) via un système de transmission de données (bus) sur un circuit supraconducteur. Jusqu’à présent les chercheurs n’étaient parvenus à faire passer l’information que directement d’un qubit à un autre qubit.

    En 2011, l’impensable se produit dans le monde de l’informatique. La « machine impossible » passe du domaine de la recherche fondamentale à celui de l’exploitation commerciale : la société canadienne D-Wave Systems vend un ordinateur quantique à l’avionneur Lockheed Martin. Des entreprises comme la NASA, Google, Amazon et la NSA en font aussi l’acquisition.
 

    L’ordinateur quantique est devenu une véritable réalisation industrielle.

    En tout état de cause, un tel dispositif soulève de multiples questions dont la première est celle de la réalité du calcul quantique, car la société D-Wave ne donne aucune information sur ses réalisations.

    Alors que les ordinateurs actuels, construits par assemblage de modules indépendants, pèchent par une puissance de calcul insuffisante, cette puissance de calcul promise, d’une part par les circuits neuromorphiques, d’autre part par les circuits quantiques, pourrait changer les rapports de force entre cerveau physiologique et cerveau artificiel.
    Un robot, constitué uniquement de matière non-organique, possédant une intelligence artificielle commandée par un ordinateur quantique, pourrait être bien plus efficace que ne l’a jamais été l’homme.

    Ainsi, après des débuts de carrière comme simple auxiliaire de l’homme, le robot devient de plus en plus intelligent et pourrait accéder à une intelligence « surhumaine », avec les perspectives que font entrevoir les réalisations actuelles en intelligence artificielle.

     En passe d’acquérir des « sens » artificiels, pourrait-il se transformer en successeur de l’homme dans l’histoire de l’univers, et devenir le représentant d’une forme de « vie » différente ?
Aurait-il la capacité d’empathie et de compassion pour ses « bébés robot » qu’il aurait construit de ses propres mains, et pour ses compagnons robots à même de le seconder dans sa découverte de l’univers ?
 

« Tout ce que l’homme a réalisé, il se trouve que le robot
semble à même de le réaliser bien mieux qu’il ne le fait. »

    Par la psychologie, l’homme a découvert ses fonctionnements intérieurs, par la science et les instruments qu’il a imaginés, il a découvert comment il était constitué.
Mais est-ce bien lui qui a fait ces découvertes ?
Ou est-ce la matière dont il est constitué qui a évolué jusqu’à découvrir ces secrets pour elle-même ?


« Avec l’explosion de la puissance de calcul,
l’apparition d’un humanoïde plus intelligent que l’homme se dessine
dans un horizon plus proche qu’il n’y paraît ! »

        c – Matière et conscience – l’évolution de la matière vers la vie :

    D’où a surgi la vie qui est à l’origine de la conscience ? Nous avons pris connaissance des hypothèses proposées :
    - l’hypothèse des orages, ou celle des comètes,
    - les dernières découvertes en date sont celles d’une vie apparue dans le sous-sol ou au sein des gouttes d’eau [cf : Le rôle des cloisonnements].
    On constate alors que, quelle que soit l’hypothèse proposée, on en revient toujours à la même origine, celle de la matière, qu’il s’agisse des gaz de l’atmosphère, des comètes, ces poussières d’étoiles, ou du sous-sol.
Seule la matière, support de la vie, apparaît source de vie, à commencer par la synthèse du carbone au sein des étoiles [cf : Les supports de la vie].

    Serait-ce à dire que c’est la matière elle-même qui a évolué vers la vie ?
Nous avons vu qu’après les premiers phénomènes explosifs, son évolution est devenue très lente, avant de se réaccélérer au sein des étoiles. Nous avons vu également que certains éléments ont mis des milliers d’années à se transformer et s’associer, tandis que d’autres se combinaient très rapidement, et de multiples manières, comme le carbone et l’oxygène.

    On constate alors que, quelle que soit la « soupe primordiale », l’évolution de la vie se calque sur l’évolution de la matière, et son apparition s’insère dans la totalité de ce qui existe.
Peut-on y voir un dessein divin ? Il est possible d’y croire,… ou se contenter de ne pas savoir.

    Aujourd’hui, notre capacité à appréhender l’univers repose sur nos sens et, au-delà, sur les outils dont nous disposons pour explorer ce qui échappe à nos sens.
L’homme est-il le seul élément conscient de l’univers ? N’est-il que la pièce d’un ensemble qui, à l’instar de la vie animale, évolue vers l’élargissement d’une conscience qui nous échappe totalement ?

La conscience ses situe-t-elle dans la cellule, le cerveau de l’homme, dans l’œil ou même dans le télescope ?
Une seule chose est aujourd’hui certaine, c’est que l’ensemble participe à l’élargissement de la conscience.

    Notre capacité à appréhender l’univers nous permet cependant d’affirmer que tous les éléments synthétisés depuis sa naissance, sont autant d’outils indispensables pour faire évoluer ultérieurement la matière, et participent au développement de l’intelligence et de la conscience.
De même, en ce qui concerne tous les éléments du corps, on peut dire que, sans eux, le cerveau serait incapable d’appréhender son environnement et de parvenir à maturité. Quant aux outils que l’homme fabrique aujourd’hui, ils participent aussi au développement de son intelligence et de sa conscience.

« Ce qui fait naître la conscience et la fait grandir,
c’est le lien qui s’établit entre les différents outils mis à son service. »

    Les chercheurs nous ont appris que, dans le monde du vivant, la conscience n’est pas seulement le propre de l’homme, elle est aussi l’attribut des espèces jusqu’ici considérées comme inférieures. Mais, de même que la conscience est étroitement liée à tous les sens qui la nourrissent, elle est aussi étroitement liée à l’ensemble des éléments matériels qui l’entourent. Son support est la matière, qu’on la nomme minérale ou organique, et c’est la matière elle-même qui évolue vers la conscience, sans que nous sachions comment ni pourquoi.
    Evoluerait elle aussi, comme elle le fait en nous, vers la conscience de son identité ?

    En effet, si nous considérons l’homme comme une entité de matière, il est possible d’envisager que la matière, organique dans son cas, peut avoir conscience d’elle-même.
 

    L’évolution, telle que l’a décrite Darwin, est une évolution aveugle. Elle privilégie la stupidité.
Le hasard dicte les directions ; les circonstances environnementales se chargent d’éliminer les réalisations non abouties.

    A une époque où l’homme était un être exceptionnel à l’image d’un créateur, Darwin a opposé une autre vision : l’homme est l’aboutissement d’une évolution des espèces par sélection naturelle, et il n’est qu’un élément dépendant d’une évolution progressive par le seul fait du hasard.

    Pourtant, aller jusqu’à penser que l’élimination des « ratés » suffise à l’évolution est une proposition trop simple pour être retenue.
Alors, d’où vient notre intelligence ?
Vient-elle seulement de nos cellules comme nous l’avons suggéré ?
Si les capacités de nos cellules proviennent de leur ADN, l’intelligence proviendrait-elle de l’ADN ?
En poursuivant notre raisonnement, peut-on envisager que l’intelligence est l’attribut de la matière capable de construire, à chaque instant, grâce aux forces qui la régissent, des univers, des étoiles, et… des hommes ?

    Les constructions de l’homme révèlent son intelligence. Pourquoi la construction de la vie ne relèverait-elle pas elle-même d’une véritable intelligence ? Pas celle d’un Dieu transcendant, c'est-à-dire supérieur et extérieur à l’Univers qu’il a créé, mais celle d’un Univers infini qui nous réchauffe de ses ondes, et fait frissonner notre matière intime face à son immensité.

« Si le seul hasard était en cause,
il est improbable que la matière ait évolué vers des formes de vie. »

 
De fils de Dieu,
 
l’homme est devenu cousin du singe.

    A l’inverse, la robotique évolutionniste, en empruntant le même chemin que celui de l’évolution biologique, propose une autre réponse.
L’homme ne fait pas mieux que ce que la Nature l’a prédisposé à faire. Aussi, en observant la façon dont il crée et fait évoluer les robots, on peut peut-être en déduire la manière dont la Nature dirige l’évolution.
    Si l’on imagine alors que cette évolution est le fruit d’une « intelligence » régie par les lois de la matière, on peut en déduire que la matière en a exploité les capacités pour trouver des solutions. Le résultat n’étant pas toujours convaincant, de nouvelles formes se sont imposées, des correctifs efficaces apportés aux échecs, ou de nouvelles orientations prises en suivant toujours les mêmes principes : la destruction ou la combinaison, la répulsion ou l’association, le tout évoluant de manière adaptée au fil des changements environnementaux.

    Si la matière qui constitue l’Homme est capable d’agir intelligemment, pourquoi la matière qui constitue l’Univers n’en ferait-elle pas autant ?
Pourrait-on alors envisager que l’intelligence n’est pas le fruit de l’évolution, mais une des caractéristiques de la matière [NdA] ?


« Quelles que soient les hypothèses proposées,
l’apparition de la vie et de l’intelligence
s’insère dans l’évolution naturelle de la matière. »

        d – L’homme est à cheval sur deux mondes :

    Qui sommes-nous vraiment ?

    Nous connaissons les virus ou les champignons qui parasitent des organismes plus évolués. Comment pouvons-nous oublier que nous-mêmes sommes des parasites au regard de l’évolution. Nous devons prélever l’eau et l’O2 de notre Terre nourricière, notre nourriture au détriment des plantes et animaux qui nous entourent. Nous nous croyons différents, et nous nous sommes même octroyé des dieux qui nous auraient créés différents de l’ensemble du monde vivant, voire supérieurs à lui, alors que nous ne sommes que l’un des maillons de la chaîne alimentaire. Bien sûr, nous avons peu de prédateurs car nous dominons le monde, mais les bactéries font de nos corps un véritable festin, et les plantes elles aussi se repaissent de nos organes lorsque, parvenus en fin de vie, nous acceptons de les restituer à la nature.


    Si les appendices sont des outils pour les organismes qui les ont créées, l’homme en est un pour ses cellules ; si les champignons sont des parasites, l’homme est leur cousin.

 

    Quelle est alors la véritable place de l’homme dans cette évolution ?

    Loin d’en être le but final, il semble bien qu’il n’en soit au contraire que l’une des étapes.
S’il s’avère que la matière est à l’origine de la vie et de la conscience, elle ne peut être aussi que son aboutissement. C’est ainsi que l’homme apparaît aujourd’hui comme le maillon précédant un nouveau développement : le retour de la pensée vers la matière minérale.


    Il est en effet l’organisme capable de créer aussi bien des objets inanimés que mobiles, le seul capable de greffer à un objet un embryon de pensée comme en possèdent les robots. Après avoir été véhicule pour ses cellules, puis « cellule agissante » dans les véhicules qu’il construit (automobiles, avions,…), il sait aujourd’hui créer des êtres en matériaux composites dotés de récepteurs sensibles, de capacités de réactions adaptées, et même de langage.

 

Cellule – homme – robot…les étapes successives de l’intelligence et, qui sait, de la conscience ?
http://www.liberation.fr/futurs/2015/03/27/vers-des-avions-sans-pilotes_1229923

    L’homme est aujourd’hui à cheval sur deux mondes, celui de l’univers passé régi par des forces, et celui à venir, un monde non biologique régi par la logique mathématique et le langage informatique.
Fils des étoiles et cousin du singe, il est en passe de devenir le père du robot.

 

    Une différence apparaît toutefois dans les supports utilisés par la gènes ou par l’homme pour créer l’intelligence : si les gènes et les cellules utilisent la matière organique comme support de l’intelligence, l’homme utilise la matière minérale.

« Ce n’est pas l’homme qui évolue,
ni même le monde que l’on qualifie de vivant :
c’est la matière qui évolue. »

        e – L ’avenir de l’homme et celui de ses créations sont indissociables :

    Aujourd’hui, l’homme est parvenu à maîtriser son environnement, mais il n’a pas encore accédé, en tant qu’animal social, à la conscience du devenir de son espèce. S’il est capable de maîtriser la nature, il n’est pas encore capable de maîtriser sa propre nature, à la fois parasite et prédatrice, d’où l’incertitude sur son devenir.

    Son devenir dépend du monde nouveau qu’il est en train de créer.

    Aussi, bien que maillon essentiel dans l’accession de la matière à la conscience, l’homme peut tous aussi bien cohabiter harmonieusement avec ses créatures (ses enfants robots) dans le monde de demain, qu’être détruit par elles, tout comme il est aujourd’hui en train de détruire les êtres qui l’ont précédé et dont il est le descendant.

    Le monde de Darwin est en partie un échec parce qu’il n’évolue et ne survit qu’au prix de l’élimination de milliards de formes de vie dont chacune était une tentative plus ou moins réussie de survie dans un environnement hostile. L’homme lui-même, après avoir longtemps cohabité avec les autres espèces de la Terre, est aujourd’hui l’instrument de leur disparition.
Le monde de la matière inerte qu’il est en train de créer, et qui se qualifiera peut-être un jour de vivant, possédera-t-il les mêmes défauts ?
Mais ceci est une autre histoire !


« Si la matière a donné vie à l’homme,
l ’homme est en passe de donner vie à la matière. »










4 – Conclusion - conscience biologique ou matérielle ? (suite)